Connecter les données probantes aux politiques et aux pratiques au Bénin : leçons et perspectives

Au cours des dernières années, ACED a été très actif pour améliorer le fonctionnement de l’écosystème béninois d’utilisation des données probantes. Nous avons mis en œuvre plusieurs activités et amélioré notre compréhension de la manière dont l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes (PFD) peut être encouragée dans le secteur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin. Le processus a été une opportunité d’apprentissage continu, et nous avons pu documenter les leçons suivantes.

  • L’accès à des données probantes pertinentes pour les politiques demeure un grand défi. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour s’assurer que des données probantes opportunes et pertinentes pour les politiques soient produites et accessibles aux utilisateurs. Nous nous sommes efforcés de créer une plateforme qui consolidera et affichera les données statistiques, les résultats de recherche et les conclusions d’évaluation disponibles. Cependant, l’amélioration de la situation nécessiterait des actions plus stratégiques pour soutenir la production et le partage des données probantes qui sont demandées et seront utilisées. Par conséquent, nous mettrons en œuvre à l’avenir une série d’activités stratégiques (p. ex., programme de recherche) et opérationnelles (p. ex., dialogues recherche-politique).
  • Impliquer le gouvernement central dans les processus de PFD. Initialement, notre travail était axé sur les autorités locales afin de favoriser les décisions politiques qui auraient un impact direct sur les communautés locales. Cependant, au fil des années, nous avons appris que notre travail sur les PFD devrait impliquer explicitement les autorités locales et centrales, car le cycle d’élaboration des politiques implique les deux niveaux. Bien que les municipalités soient indépendantes, elles sont influencées par les orientations stratégiques et les processus politiques du gouvernement central.
  • Il est difficile de s’y retrouver dans le flou des autorités. Notre expérience de travail avec les différentes parties prenantes a montré qu’il est souvent difficile d’identifier la principale partie prenante avec laquelle travailler pour influencer positivement les processus d’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Trois types d’autorités ont été identifiés : les décideurs apparents – ils agissent comme s’ils avaient le pouvoir de décision, mais ce n’est pas le cas ; les décideurs contraints – ils détiennent le pouvoir mais ne peuvent pas l’utiliser, et les décideurs réticents – ils ont le pouvoir de décision mais ne veulent pas l’utiliser. En outre, au-delà des décideurs, d’autres acteurs (par exemple, la société civile, les partenaires de développement) sont impliqués dans les processus d’élaboration des politiques et influencent les résultats. Il est essentiel de travailler en étroite collaboration avec les parties prenantes pour comprendre les jeux de pouvoir en place et développer des partenariats stratégiques.
  • Les exécutants sont également importants dans l’écosystème des données probantes. Lorsque nous avons mené notre étude sur le paysage de l’utilisation des données probantes au Bénin, nous avons interagi avec de nombreuses parties prenantes. En conséquence, nous avons réalisé le rôle essentiel que jouent les exécutants (praticiens) tels que les ONG dans l’écosystème, que ce soit en tant que courtiers, producteurs de données ou utilisateurs de données. Nous ajouterons donc les praticiens comme un autre groupe cible avec lequel travailler, au même titre que les décideurs politiques.
  • L’institutionnalisation de la PFD ne sera pas une tâche facile. Les deux dernières années ont montré que l’institutionnalisation des données probantes est un objectif à long terme. Nous avons appris que, tout en nous efforçant d’obtenir des signaux formels en faveur de l’institutionnalisation, nous devrions également aider les décideurs à utiliser régulièrement les données probantes pour montrer la valeur ajoutée de l’approche et la rendre plus intuitive dans le processus de prise de décisions. Notre hypothèse est que les efforts continus pour soutenir l’utilisation des données probantes créeront des opportunités pour établir des règles institutionnelles qui régiraient et orienteraient le processus, même au-delà des décideurs actuels.
  • Se concentrer sur la façon dont les politiques sont élaborées pour améliorer l’utilisation des données probantes. Nous devons comprendre ce que nos parties prenantes, en particulier les décideurs, essaient d’atteindre et comment le contexte plus large l’influence, puis identifier les possibilités d’utilisation des données probantes. Cette leçon nous a permis d’améliorer la façon dont nous mobilisons les parties prenantes dans le cadre de la PFD.

L’amélioration de l’utilisation des données probantes est une expérience d’apprentissage continu et il est important de le reconnaître et d’être flexible et novateur pour s’adapter.

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