Les jardins urbains améliorent la sécurité alimentaire au Bénin

L’accès à des légumes et fruits sains produits localement se révèle de plus en plus difficile pour les habitants des zones urbaines du Bénin, où une proportion croissante de « citadins pauvres » – et en particulier de ménages pauvres dirigés par des femmes – n’a pas les moyens de se payer une alimentation de qualité. Pour renforcer la sécurité alimentaire dans les villes du Bénin en pleine croissance, ACED a lancé en 2016 une initiative de recherche sur les jardins communautaires en coordination avec l’Amsterdam Centre for World Food Studies de l’Université libre d’Amsterdam et la Faculté des sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi. . Cette initiative a permis de définir un cadre intégré de développement des jardins urbains afin de donner aux citadins pauvres, et en particulier aux femmes, la possibilité de cultiver et de récolter des aliments frais et sains, ainsi que de disposer de revenus supplémentaires. Un essai de contrôle randomisé a été mis en place – la plus rigoureuse des méthodes d’évaluation d’impact – afin d’en mesurer les effets.

Deux jardins communautaires ont été aménagés dans les villes d’Abomey-Calavi et de Porto-Novo grâce au financement du programme Global Challenges de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique. Quarante participants issus de ménages vulnérables ont reçu du matériel de jardinage et une formation pour produire suffisamment de produits maraîchers à des fins de consommation domestique et de génération de revenus. Une analyse des revenus ainsi obtenus et des indicateurs de sécurité alimentaire révèle que ces jardins peuvent générer quelque 6 000 euros par hectare et par an, mais aussi augmenter la consommation d’aliments sains et le nombre de jours où les participants ont accès à au moins deux repas nutritifs.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai acheté des légumes pour cuisiner à la maison. Car, depuis que j’ai commencé à cultiver et à récolter sur ma parcelle, j’alimente mon ménage en légumes autoproduits. Cela a considérablement réduit mes dépenses alimentaires et m’a octroyé plus d’autonomie à la maison », a précisé Adelaide Kounoukpevi, participante à l’initiative des jardins communautaires.

Action collective

Grâce à la collaboration avec des maraîchers locaux expérimentés, l’initiative a permis de conseiller les participants sur les avantages d’une action collective sur deux plans : i) l’achat groupé d’intrants pour réduire les coûts, et ii) la vente conjointe des produits maraîchers pour renforcer le pouvoir de négociation avec les acheteurs potentiels. L’adoption des principes de l’action collective doit permettre aux participants de passer d’une coopération informelle à une véritable coopérative.

L’initiative visait également à conseiller les politiques via l’élaboration d’un outil de sélection et d’attribution des terrains susceptibles d’être convertis en parcelles de maraîchage, en tenant compte de divers éléments tels que les conditions agronomiques et biophysiques du maraichage, ainsi que de facteurs socio-économiques comme l’accessibilité aux routes, la proximité des marchés et la sécurité des femmes. Par ailleurs, six rapports ont été publiés, portant notamment sur les contraintes et les avantages auxquels sont confrontées les coopératives agricoles urbaines, ainsi que sur la manière dont les politiques peuvent identifier les citoyens pauvres dans les villes, soutenir le développement de l’agriculture urbaine et allouer des terres pour le jardinage urbain.

Cet article est issu du rapport d’impact produit sur les 10 ans d’activité de ACED. Vous pouvez télécharger le rapport complet pour plus d’informations.

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