Vulnérabilité sexospécifique aux changements climatiques au Bénin, au Sénégal et au Canada

Les résultats du projet « adaptation de zones côtières aux changements et à la variabilité climatiques – échange des expériences canadiennes et africaines » ont permis de mettre en évidence la manière dont les changements climatiques affectent différemment les hommes et les femmes des communautés étudiées.

En effet, étant donné le rôle très différent des hommes et des femmes dans l’économie locale, il n’est pas surprenant de constater que leur vulnérabilité vis-à-vis des changements climatiques est différente. Dans ce contexte, il est d’ailleurs intéressant de constater que cela est aussi le cas, dans une certaine mesure, au Canada. L’activité de pêche est, dans toutes les communautés étudiées, dominée par les hommes, tandis que la transformation des poissons est – également au Nouveau Brunswick – essentiellement effectuée par les femmes. De plus, les femmes sont impliquées, dans le Delta du Saloum, dans d’autres activités comme la récolte de coquillages ou le maraîchage. L’agriculture est pratiquée par les deux genres. Les activités de transformation des produits de la mer, de récolte, de cueillette et de maraîchage sont économiquement plus précaires que la pêche en elle-même, rendant les femmes particulièrement vulnérables aux fluctuations de la ressource. Au Nouveau-Brunswick, on observe par exemple un fort taux de travailleuses saisonnières dont les revenus et l’accès à l’assurance-emploi durant les périodes de chômage sont constamment menacés (Forgues et Séguin, 2011).

Par ailleurs, dans les communautés étudiées au Bénin et au Sénégal, de caractère très rural, les tâches ménagères sont souvent accomplies par les femmes. Ainsi, les problèmes d’accès à l’eau potable (très problématique dans le Delta du Saloum) les touche particulièrement. Au niveau social, un clivage existe entre hommes et femmes, ce qui nous a entre autres poussé à tenir des focus groupes séparés pour les deux. Il faut cependant remarquer que cela n’empêche pas les femmes, en particulier du Delta du Saloum dans notre région d’étude (le constat serait différent dans le sud du Delta, culturellement distinct), de s’impliquer dans la vie publique, de s’organiser en associations, d’initier des activités d’adaptation et de conservation, et de développer des revenus de diversification de l’économie locale. La participation des femmes est donc un élément essentiel à la réussite de la planification de l’adaptation.

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